23 avril 2026

Les producteurs prennent-ils vraiment un risque ?

Tout récemment, je réitérerais en classe l’une des notions fondamentales liées au rôle du producteur : la prise de risque.

En effet, le producteur devrait assumer la responsabilité technique, logistique et financière… et le risque lié à la production.

C’est clair.

Mais quel peut bien être ce risque, au-delà du fait que le projet pourrait ne pas être un succès commercial?

Voici 3 exemples de cas concrets qui l’illustrent parfaitement : 

  • Un producteur met sur pied un spectacle. Plusieurs comédiens, un rôle principal, des répétitions, etc.

    À quelques mois de la première, la comédienne principale annonce à la production une grossesse — et un retrait préventif de la production, en raison d’une situation médicale risquée.

    Bien sûr, cette raison est valable, légitime… et totalement heureuse.

    Mais pour le producteur, la réalité d’affaires est moins lumineuse : il faudra retrouver une comédienne, recommencer les répétitions en partie (autant pour recréer la cohésion entre les comédiens que pour satisfaire certaines exigences minimales issues des ententes collectives applicables), peut-être augmenter le cachet pour compenser le fait que la nouvelle comédienne se joindra à la production à la dernière minute, annoncer la nouvelle aux diffuseurs, recréer les visuels et les outils promotionnels, etc.
  • Une productrice produit le spectacle d’un artiste sur le territoire québécois — tout va pour le mieux : les salles sont pleines et le retour sur investissement est finalement bien réel.

    L’artiste rêve d’une percée sur le marché français.

    La productrice souhaite l’y accompagner.

    Et accepte d’investir le nécessaire pour ce développement international : billets d’avion, hébergement, transport — (pour toute l’équipe artistique et technique) — le tout pour un prix de vente du spectacle représentant une fraction de celui du Québec.

    Les retours sur investissement générés au Québec sont entièrement réinvestis sur le développement français… alimentant l’espoir d’un éventuel succès.
  • Une productrice organise un spectacle pour la Fête nationale.

    Un spectacle multiartistique d’envergure.

    Le jour venu, c’est la pluie torrentielle — la représentation est annulée.

    Et tous les contrats prévoient que les cachets sont payables par le producteur en cas d’intempéries.

    Qui assume le risque, donc ?

C’est le métier qu’ils ont choisi.

L’idée ici n’est pas de susciter un sentiment de pitié.

Mais simplement rappeler le risque réel que certains acceptent d’assumer, pour le bien du projet.

Et que cela mérite tout notre respect !

Bonne journée!

b.