J’en ai déjà glissé un mot ici – pour qu’un événement soit reconnu comme un cas de force majeure, on doit généralement retrouver trois critères stricts :
- l’imprévibilité.
- l’irrésistibilité.
- L’extériorité aux parties.
Personnellement, j’ai vu la force majeure prendre différents visages au fil des années :
- Une pluie torrentielle;
- Une guerre qui entraîne des représailles envers les artistes issus d’un pays… et qui oblige le producteur à annuler toute une tournée;
- Une pandémie;
- Une extinction de voix;
- Une panne d’électricité majeure.
Mais un autre phénomène frappe de plus en plus à la porte des événements extérieurs.
Un phénomène plus pernicieux.
Souvent invisible.
Moins spectaculaire qu’un ouragan.
Mais non moins réel :
la chaleur extrĂŞme.
Imaginez un festival en plein mois de juillet.
Le thermomètre approche les 45 °C au soleil.
Le public est entassé devant la scène.
Les artistes performent sous les projecteurs.
Les équipes techniques travaillent depuis des heures.
Dans un tel contexte, le vĂ©ritable risque n’est pas simplement la tempĂ©rature affichĂ©e au mercure.
C’est qu’elle puisse compromettre la sĂ©curitĂ© des personnes ou rendre la tenue de l’Ă©vĂ©nement dĂ©raisonnablement dangereuse.
C’est prĂ©cisĂ©ment ce qui explique que certaines canicules puissent aujourd’hui mener au report ou Ă l’annulation d’Ă©vĂ©nements, alors qu’on les aurait peut-ĂŞtre considĂ©rĂ©es, il y a quelques annĂ©es encore, comme un simple inconvĂ©nient mĂ©tĂ©orologique.
Attention toutefois : une canicule ne constitue pas automatiquement un cas de force majeure. Comme toujours, tout dépendra des circonstances, des obligations prévues au contrat, des mesures qui pouvaient raisonnablement être mises en place… et surtout de la question centrale (et toujours bien délicate) :
Ă©tait-il vĂ©ritablement impossible de tenir l’Ă©vĂ©nement, ou simplement plus difficile?