EnchantĂ© ce matin de partager cette entrevue avec vous – une artiste dont je suis assidĂ»ment la carrière depuis ses dĂ©buts; principalement par intĂ©rĂŞt, mais aussi parce que ses premiers enregistrements correspondent Ă … mes premiers contrats! Ce projet revĂŞt donc, en plus, une note de nostalgie!
Une artiste Ă l’Ă©thique de travail exemplaire, brillante auteure et compositrice, crĂ©atrice de vers d’oreille et performeuse de haute-voltige, Lydia KĂ©pinski fait dĂ©finitivement partie de celles qui laissent leurs marques indĂ©lĂ©biles dans le paysage musical quĂ©bĂ©cois!
Pour Ă©couter son plus rĂ©cent single, c’est par ici!
Bon week-end !
b.
En quelques mots, qui es-tu et que fais-tu ?
Je m’appelle Lydia Képinski, je fais un projet musical qui porte mon nom depuis 2017. Ma main quest est : produire des enregistrements et être artiste principale en tournée.
À quoi ressemble ton quotidien professionnel ?
Ça dépend où je suis rendue dans mon quinquennat de cycle d’album !
J’organiserais mon quinquennat ainsi :
2 ans de pré-prod & prod d’album (recherche et création, pré-production, production d’album, studio, mix, etc.)
6 mois de mise en marché (production du matériel visuel, DA, graphisme, sortie de simples, publication de l’album, promo intensive, pré-production du spectacle)
2-3 ans de tournée (concerts, festivals, etc.)
Donc mon quotidien il y a un an a aucun rapport avec mon quotidien aujourd’hui, mais ces différents quotidiens se répètent de manière cyclique. Par exemple, il y a un an j’étais en recherche et création et je parlais à une personne par semaine, aujourd’hui j’ai en moyenne 4 appels, un Google Meet, 18 nouveaux courriels par jour.
Tu as une carrière prolifique, autant sur tes projets personnels que tes nombreuses collaborations — quelles sont les qualités/compétences principales qu’un artiste doit développer pour se démarquer et naviguer sainement dans l’industrie musicale ?
L’aspect le plus difficile, c’est de hiérarchiser les tâches/opportunités. J’ai déjà consulté une thérapeute (gratuitement via la fondation des artistes !) qui avait utilisé l’image d’un hôpital ; en gros on a notre horaire avec nos rendez-vous et chirurgies de prévus et là , on a des gens qui arrivent à l’urgence avec des pieds cassés qu’on doit gérer sur le champ.
C’est difficile de faire le triage et juger ce qui est prioritaire versus ce qui peut attendre. Il faut faire preuve de flexibilité et constamment refaire sa liste de priorités. Certaines fenêtres d’opportunités se referment aussi vite qu’elles s’ouvrent.
Aussi ça prend de la diplomatie pour dire à un·e collaborateur·ice qu’il·elle devra attendre, car cette personne aussi a son propre ranking de degrés d’urgence. La vérité, c’est qu’il est impossible de dire oui à tout, ou de tout faire un une journée. Il faut choisir ses combats afin de travailler dans la bonne humeur.
J’ajouterais qu’il est capital de prendre soin de sa santé physique et mentale, puisqu’on est la seule personne fondamentalement irremplaçable de notre projet. Contrairement à la majorité des autres business, maints aspects sont par définition impossibles à déléguer, que ce soit présence sur scène, entrevue, production d’enregistrements, collaborations. Si on est HS, c’est tout l’organigramme qui est sur pause. Raison de plus pour choisir ses combats.
Quelle est ta plus grande fierté ou ta plus grande réalisation des dernières années (ou de ta carrière) ?
J’ai écrit une chanson avec mon idole de jeunesse, Simon Proulx des Trois accords : D Je raconte cet épisode d’ailleurs dans MON infolettre 🙂
Autoplug : https://correspondance-lydia-kepi.ghost.io/rejoindre-le-club-special/
Mais sérieux, je lis ton infolettre depuis le jour 1 et je l’aime beaucoup. Je trouve que c’est sain que les informations circulent, surtout pour les artistes qui sont intimidés par la négociation et les contrats.
As-tu une équipe ? Si oui, qui sont (ou ont été) les partenaires fondamentaux pour le soutien de ta carrière ?
Oui, alors moi, mon système c’est exactement le contraire d’un 360, je l’appelle le modèle de l’étoile, tout le monde a sa branche avec mon projet au milieu. Ça a l’avantage que comme chaque branche a ses propres opinions, il y a rarement des conflits d’intérêts.
Aussi, si une branche ne satisfait pas mes besoins, c’est plus facile de la remplacer et de ne pas être prisonnière d’un contrat qui affecterait l’ensemble de mes activités. Aussi, je bénéficie de l’apport de différentes personnes, j’ai accès à plus de cerveaux et plus de compétences.
Mon label est Chivi Chivi (depuis 2017 !), mon agent de spectacle est Louis Carrière (Paquin Artrists) et ma production de spectacle est chez Bravo Musique. CĂ´tĂ© Ă©ditions, je fais la gestion de mon catalogue avec l’aide de SĂ©bastien Charest, Fair Enough publishing fait mes pitch de synchro, Nyck chez Chivi Chivi gère les demandes de synchro – soit les intrants. Mes relations de presse et mon tracking radio sont chez Nat Corbeil, mon comptable est Phillipe Beaulieu (+ ma mère).
Pour la gérance j’ai comme un système de parrains-marraines ; je fais le day to day et je gère les intrants, je suis dans toutes les communications. Pour brainstrormer des stratégies, prendre de grosses décisions, réviser des ententes/contrats, m’aider quand une négociation plafonne, avoir une nouvelle perspective, je consulte mes parrains·marraines ; Martine Groulx, Jean-François Guindon, Yann Bienvenue, Nycholas Fortin.
BONUS : Quel conseil donnerais-tu à la Lydia Képinski d’il y a 10 ans ?
Je ne pense pas que je m’écouterais moi-même, mais j’essaierais de me convaincre d’aller en droit : D J’aime ma vie.