J’aime et respecte le métier d’agent de spectacles (booker).
J’aime encore plus La Noce — probablement mon festival préféré, auquel je participe religieusement depuis ses débuts.
Il était donc tout naturel que j’invite Jonathan Juneau, qui réunit les deux – et dont il me fait grand plaisir de partager l’entrevue avec vous!
Bonne journée!
b.
En quelques mots, qui es-tu et que fais-tu ?
Hello! Moi c’est Jonathan, ex-gars de Québec et agent de spectacles chez Ambiances Ambiguës. Je suis également un des programmateurs du festival La Noce.
En quoi consiste concrètement ton travail au quotidien ?
C’est beaucoup de courriels, appels et messages textes avec les diffuseurs, artistes et autres intervenants du milieu. Je me déplace aussi souvent pour divers festivals, congrès, etc., mais la majorité du travail se passe devant l’ordinateur.
À ton avis, quel est le rôle d’un agent de spectacles et sa pertinence en 2026?
Le rôle n’a pas énormément changé avec les années. La job reste de booker des spectacles pour les artistes que je représente, mais je pense que l’influence de l’agent et son apport dans le développement de l’artiste a évolué avec le temps. C’est sur que l’agent a un lien de confiance (hopefully) avec les salles et festivals ce qui vient jouer un rôle important dans le montage d’une tournée, mais ce lien est particulièrement important au début de carrière d’un artiste de la relève. C’est là qu’on peut vraiment aider en les plaçant sur les bons spectacles, showcases, festivals, etc., afin de leur donner le plus de visibilité possible et installer de bonnes bases dans le développement de public en spectacle. L’agent garde également un rôle important une fois l’artiste établi ou du moins relativement connu dans l’industrie, mais plus que jamais je crois que c’est en début de carrière qu’on peut le plus aider considérant la quantité énorme d’offres d’artistes de la relève.
Quels sont les grands défis (actuels ou à l’horizon) qui se rattachent au métier… ou à l’industrie musicale de façon générale?
Pour le spectacle, ça revient toujours à l’argent. Plus de dépenses, un coût de la vie plus élevé et des budgets qui n’ont pas évolué suffisamment en 10 ans ou qui ont même réduit. On voit également une augmentation d’artistes « majeurs » dans le réseau des salles indépendantes, ce qui est super pour les salles qui ont besoin de ces artistes pour vendre des billets et rester en vie, mais, en même temps, ça enlève de la place aux artistes de la relève.
Quelle est ta plus grande fierté ou ta plus grande réalisation des dernières années ?
En général chaque « next step » qu’on réussit à faire prendre à un artiste amène énormément de fierté, comme le premier Club Soda sold out de Bon Enfant par exemple, mais il y a aussi l’aspect nostalgique de voir un de ses artistes sur une scène qui a été importante pré- « vie d’industrie ». Pour moi un exemple est Les Goules sur les Plaines d’Abraham au FEQ (en PP des Cowboys, mais quand même), mais chaque fois que je vois un de mes artistes sur une scène que j’affectionne particulièrement, ça me rappelle pourquoi je fais ce que je fais.
Il y a aussi la Noce, bien sûr. C’est quand même fou de voir où le festival est rendu et je suis pas mal content de contribuer au succès de l’événement.
Quel(s) conseil(s) donnerais-tu Ă un.e artiste qui envisage une collaboration avec un agent de spectacles ou qui souhaite attirer son regard ?
Premièrement, je crois encore beaucoup à l’importance du DIY, surtout pour les artistes de la relève. Sort un premier EP ou quelques singles, fais des spectacles le plus possible, implique-toi dans la scène. Tu vas finir par être vu et l’expérience vaut son pesant d’or.
Ensuite, tiens-nous au courant en avance le plus possible de ce qui s’en vient. C’est vraiment compliqué d’embarquer dans un projet quand l’album sort un mois plus tard.
BONUS : Quel conseil donnerais-tu au Jonathan d’il y a 10 ans ?
Arrête de procrastiner et passe ton permis de conduire. Aussi, mets tout ton argent sur les Patriots une fois qu’ils perdent 28-3 contre les Falcons au Super Bowl 2017.